Chogyam Trungpa et Allen Ginsberg

Une question importante s’est posée dans les commentaires d’un article précédent « l’institut Naropa de Chogyam Trungpa » consacré au maître bouddhiste tibétain Chogyam Trungpa : comment comprendre la fin tragique du maître, ayant sombré dans l’alcoolisme ? Cela est-il digne d’un maître ?  L’intégration entre la tradition tibétaine et la modernité occidentale, s’est-elle avérée impossible ?  Le contexte culturel de l’époque aux Etats-Unis, au lendemain de la guerre, en plein « new age », s’est-il avéré un contexte trop fort et trop pathogène pour les « neurones miroirs » du maître ?

Après sa rencontre avec le célèbre poète Allen Ginsberg en 1970 -  les deux hommes devenant très proches pour tenter l’intégration suprême du « dharma et de la poésie » – est-ce que ce n’est pas Allen Ginsberg qui va devenir le maître  de Chogyam et proposer un mode de vie dissolu, imprégné de l’usage de toutes les drogues de l’époque ?
Est-ce que le fameux recueil poétique de Ginsberg :  « Howl » édité en 1956 et dédié à « Jack Kerouac, le nouveau bouddha de la prose américaine… » – un autre célèbre alcoolique de l’époque – ne va-t-il pas devenir prophétique pour Chogyam Trungpa ? :

« J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, nus d’une faim hystérique,
se traînant à l’aube dans les rues nègres, à la recherche d’une furieuse piqûre,
initiés à tête d’ange brûlant pour la connexion céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique de la nuit,
qui pauvreté en haillons, oeil creux et défoncés, restèrent debout en fumant dans l’obscurité surnaturelle des chambres bon marché flottant par dessus le sommet des villes en contemplant le jazz  (…)
Howl  and others poems     Allen Ginsberg      Christian Bourgeois  Editeur 2005

Toutes ces questions, on peut légitimement se les poser en considérant tous ces maîtres orientaux, tous les gourous venus se réfugier en Occident dans les années 60-70 – les Krishnamurti, Osho Rajnesh, Maharishi Mahesh Yogi, Deshimaru en France, etc). Alors qu’ils étaient eux mêmes en révolte contre leurs propres traditions religieuses, ne se sont-ils pas laissés instrumentalisés et utilisés par une autre révolte, celle d’une jeunesse occidentale dont la préoccupation essentielle n’était que le dépassement de tous les interdits de leurs parents, cela entrainant une sorte de dérapage de leur spiritualité et de leur comportement de « maître » avec son devoir d’exemplarité ?

Beaucoup de questions restent  ainsi posées, sans de véritables réponses, mais elles ont jeté le discrédit pour longtemps sur une certaine spiritualité du « new age ».
Une des leçons serait qu’il il nous faut maintenant nous engager sur les voies du spirituel et du « transpersonnel », tout seuls, en pleine autonomie, de manière laïque, c’est à dire débarrassés  des gourous et des maîtres, avec juste des instructeurs dont la pratique est étayée par des études scientifiques rigoureuses (voir le mouvement de la pleine conscience impulsé par Jon Kabat-Zinn).


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18 réponses à “Chogyam Trungpa et Allen Ginsberg”

  1. Maarten Aalberse dit :

    Dans « le grand sommeil des éveillés », Daniel Odier a entre autre mentionné que l’idéalisation des disciples crucifie les maîtres. Et que seulement des face-à-face en tout authenticité entre « maître » et « disciple » puisse sauver les deux.
    Je ne suis pas sûr si Odier lui-même arrive à vivre selon ce qu’il énonce, mais ces mots-là sonnent justes pour moi.
    Mais plus fondamentalement je crois que les cours « magistraux » sans droit de réponse n’ont pas grande chose à faire avec la spiritualité. Et avec toi, je crois que l’idée de maitre et disciple (et encore plus les discours qui commencent par « mon maître…(à moi) ») appartiennent à une culture féodale qui, je l’espère, n’est plus la nôtre.

    • Je suis d’accord avec toi, Maarten, cette relation maître – disciple m’a toujours semblé à moi aussi moyen-ageuse, c’est à dire relevant d’un autre âge – le mème Bleu de Don Beck ?
      D’ailleurs toutes les institutions religieuses conventionnelles ne relèvent-elles pas de cet âge révolu ? Ce qui pourrait expliquer leur déclin dans les sociétés occidentales, où la démocratie ou la pseudo-démocratie a tout de même effectué son travail d’évolution dans le rapport dominant / dominé et l’institutionalisation de ce rapport.
      Mais est-ce que cela explique la mort du maître ? Comment tu vois cette belle image d’inspiration très chrétienne de Daniel Odier « la crucifixion du maître » opérer pour Chogyam Trungpa ?

      • Maarten Aalberse dit :

        A propos de ta dernière question: je trouve ce que t’as écrit sur sa relation avec Alain Ginsberg très pertinent, mais peut-être il y a autre chose encore – bien lié, d’ailleurs?
        Chogyam Trungpa faisait partie de ceux qui préconisent « crazy wisdom » (en français la sagesse folle?), ce qui pourrait en partie expliquer son attirance vers et admiration pour des personnes comme Alain Ginsberg (j’ai failli d’écrire Gainsbourg!).
        En plus je peux imaginer qu’il voulait voir en Ginsberg un ami de l’âme. Car je crois que ce qui a joué aussi, c’est qu’il s’est distancié de de hiérarchie Tibétain (quand le Dalai Lama visitait l’USA début 1980, il n’a pas voulu voir Trungpa… ); est-ce la solitude qui en résultait, dans une pays dont la culture était si différente de la sienne, a été plus difficile a supporter qu’il n’a pu admettre?
        Je ne peux pas m’empêcher à penser de mon ancien formateur, Jay Stattman, américain venu vivre et travailler aux Pays-Bas, qui n’a jamais pu créer de relations amicales avec un pair… et qui est mort beaucoup trop jeune, lui aussi (pour lui, c’était une dépendance énorme de cigarettes, au lieu de l’alcool). Et je pense à quelqu’un d’autre encore, un peu dans la même situation actuellement, lui aussi sans vrais amis…
        Je pense que personne ne peut bien vivre sans amitiés, et quand en plus on a un grande nombre de disciples ou élèves, dépendants et « crucifiants »…

        • C’est une belle réponse éclairante, Maarten. Chogyam Trungpa aurait-il fait mauvais usage de la « folle sagesse » d’une certaine tradition tibétaine, incarnée par le célèbre Drukpa Kunley, yogi tantrique tibétain du 16e siècle, – dont il y a une belle traduction de la vie dans le livre « Le fou divin » édité chez Albin Michel dans la collection « spiritualités vivante » ? Est-ce qu’il n’y aurait pas là, une sorte de double lien entre la folie suicidaire poétique à base de drogues d’un Ginsberg, Kerouac, et dans la musique d’un Jim Morrison ou d’un Jimi Hendrix et cette tradition tibétaine ancienne appartenant à un autre contexte, double lien impossible à vivre et entrainant cette déchéance ?

          • J’ai encore une autre remarque à faire suite à ton dernier commentaire. Cette mort peut aussi nous faire réfléchir sur cette idée qu’il n’y a pas de maître possible, au sens où toute idéalisation, divinisation, culte de la personne, etc, apparaissent de manière criante comme des projections fantasmatiques et infantiles des disciples en régression grave.
            Le maître est un être humain comme les autres, en proie aux mêmes conflits intérieurs, aux mêmes conditionnements émotionnels et instinctuels qui peuvent mal se terminer comme pour n’importe qui. Tout au plus est-il doué de certaines compétences pour gérer un peu plus vite que les autres ses disfonctionnements et surtout doué d’une sorte de charisme capable de mettre les autres en régression.
            Sa « crucifixion » au sens de Daniel Odier viendrait de cette dissociation intérieure entre son apparence, produit par les projections de ses disciples et son authenticité intérieure, ordinaire. On trouve la même problématique chez bon nombre de stars de cinéma ou de la chanson, dont l’archétype serait Marilyn Monroe.
            Ce que j’aime le plus chez le Dalaï Lama, c’est qu’il répète souvent qu’il n’est pas illuminé, juste un être humain ordinaire et il semble souvent gêné par tout le décorum et les formules honorifiques d’une tradition d’un autre âge.
            Ce que j’aime aussi chez les sages taoïstes comme Chuang-tseu, c’est qu’ils s’en vont vivre près de la nature de manière ordinaire et simple. A l’empereur de Chine qui le cherchait pour le nommer 1er ministre – à cette époque les chefs d’état aimaient s’entourer de sages… – il refusa de venir et répondit qu’il préférait rester pêcher le long de la rivière « en trainant, comme une simple tortue, sa queue dans la boue ».

          • Maarten Aalberse dit :

            Nous aurons toujours besoin des « fous » qui sortent des chemins battus et retirent les tapis sous nous pieds.
            Mais est-ce que l’on peut être un « sage fou » tout en étant seul responsable d’une école spirituelle? Et surtout quand cette école a ses racines dans une tradition naïve sur la décadence occidentale?

            Cette « folle sagesse » est d’ailleurs aussi bien présente dans le monde Soufi et ses pratiques extatiques.
            Un des grands problèmes me semble le fait que ce genre de pratiques dé-refoule des « énergies » qui sont tout sauf spirituel… Et qui s’occupe de ça?

            • oui, il y a beaucoup à dire sur cette « folle sagesse » qui a influencé plus d’un maître en cette période new age des années 60 – 70 : je pense en particulier à Osho Rajneesh, mais aussi à Gurdjieff – un peu plus tôt de la tradition soufie. C’est vraiment le fil du rasoir, cette folle sagesse : se servant des qualités provocatrices de la folie pour tenter de réveiller les consciences et en même temps agitant des forces refoulées – tu as raison de le souligner – pouvant détruire les consciences trop fragiles (le sexe et la mort). Les résultats sont mitigés mais penchent plutôt du côté de la destruction aussi bien pour les soi-disant maîtres que pour leurs disciples.

              • Maarten Aalberse dit :

                L’idée que l’égo soit un ennemi à casser est souvent très présent dans ce genre de pratiques. On le trouve aussi chez Gurdjieff (et d’ailleurs chez Feldenkrais, très influencé par Gurdjieff, notamment par ses « mouvements », des chorographies tellement complexes que l’on ne pourrait les exécuter qu’en pleine conscience), et c’est devenu un alibi pour plein d’abus commis dans certains groupes centrés sur un gourou « sagement fou ».
                Je crois que l’égo doit savoir céder sa dominance dans des situations complexes et nouvelles, mais qu’il reste très utile dans plein de situations banales, ou les compétences acquises et plus ou moins « automatisés » suffisent pleinement.
                Quelqu’un qui croit devoir casser l’égo se laisse emporter par une incompétence, sinon pire, me semble -t-il.
                L’idée que l’égo puisse mourir me semble aussi une sottise.

                • Je suis tout à fait d’accord avec ta remarque. Il y a dans la folle sagesse une forme de brutalité pour casser l’ego qui ne peut être que destructeur. L’ego est utile pour la survie, il faut savoir juste de temps en temps s’en libérer pour cheminer dans les espaces supérieurs. Comment s’en libérer ? ça c’est une autre histoire, en tout cas pas par la folle sagesse.

  2. brigitte dit :

    Cet échange sur Trungpa m’intéresse vivement. Pour ma part, je trouve qu’il est un très grand maître du bouddhisme tantrique. Ce qu’il nous enseigne sur le rôle du maitre (puisque nous sommes dans la transmission de maître à disciple verbale) c’est que le rôle du maître est de transmettre le Dharma (c’est-à-dire la parole du bouddha) dans un geste d’amour « incandesçant » dans lequel le maître aime le disciple de telle manière que le disciple va s’abandonner et s’ouvrir de sorte à être vu au plus profond de lui-même et recevoir l’enseignement. C’est quoi recevoir l’enseignement dans le processus de maître à disciple? ce n’est pas écouter simplement et comprendre, c’est accéder à un état de conscience qui fait qu’à un moment on sait… « L’important n’est pas ce que le maître dit, c’est ce qu’il fait naître en moi… » Le chemin spirituel est avant tout un chemin de liberté (je souligne), toute tentative de soumission au nom de la spiritualité perd ce qu’elle veut propager. Lorsqu’on parle de soumission au maître , il s’agit d’obéissance à notre propre maître intérieur, jamais à un maître extérieur. Quand à ses choix de vie, il s’est entouré d’artistes parce qu’il considérait que l’art et la créativité pouvaient amener l’homme à se désaliéner de la productivité et oui je pense que l’art et la créativité peuvent amener l’homme à se déaliéner…Sa vie nous choque (alcool, sexualité, anticonformisme, anti bien-pensance. Mais cette provocation c’est la force du maître justement, parce que le Dharma est une provocation, comme une effraction dans notre système de pensée conformiste et notre bavardage intellectuel. Il est là notre ego, quand il encombre tellement notre esprit qu’il le limite…Nous en avons besoin certes, mais dépouillons-nous pour accéder à une conscience plus subtile…Voilà mes amis, je suis heureuse d’avoir apporter mon écot. Comment s’en libérer Alain? vous posez la question : c’est tout un travail de chaque minute évidemment… EN TOUT CAS MERCI POUR VOTRE BLOG

  3. Mariana Barcelo dit :

    Merci Brigitte, pour cette prose délicate qui résume tout le bonheur que j’ai eu à lire et relire Trungpa et à découvrir, ressentir la liberté grace à la spiritualité.
    A propos de notre ego, il n’y a, à mon sens, que la technique de la méditation qui permette de le faire plier (pour un temps) et de prendre le chemin vers le coeur du profond de notre être ; j’ai une éternelle reconnaissance pour mon maître en cette matière….cheminer pour accéder à une conscience plus subtile ne m’a jamais apparu être une soumission à mon maître mais bien sur, à mon ego…il y aurait tant à « dire »…..

  4. merci Brigitte et Mariana pour ces commentaires emprunts du sceau de la sincérité. Dans cet article, je ne mets pas en cause l’importance d’une relation maître – disciple, mais plutôt le danger de certains dérapages que j’ai pu voir deci delà. En particulier, le maître a une sorte de devoir d’exemplarité au niveau comportemental et si, pour une raison ou pour une autre, il se met à déraper dans une addiction propre à son environnement – qu’elle soit alcoolique, sexuelle ou financière – il peut y avoir beaucoup de dégâts du côté des disciples, car qu’il le veuille ou non, le maître est une sorte de modèle qui entraine le mimétisme de ses disciples(voir mon article sur les neurones miroirs). C’est pour cela que les maîtres de la folle sagesse sont les plus séduisants, mais aussi les plus difficiles, car cette folle sagesse n’est pas donnée à tout le monde.

  5. brigitte dit :

    …pour continuer sur le rôle du maître, j’apporte ma pensée contradictoire à la vôtre : dans la relation de maître à disciple, le maître n’a, à mon sens, aucun devoir d’exemplarité au niveau comportemental. 1/ exemplarité par rapport à quoi? …à nos codes et conditionnements occidentaux, à notre éducation à l’occidental, à nos valeurs judéo-chrétiennes fondant notre comportement. l’exemplarité dont vous parlez se situe dans quel ordre de valeurs? 2/ la relation de maître à disciple (lorsque le maître est tantrique, vajrayana et Chögyam Trungpa l’est) ne fonctionne ni par transmission intellectuelle, ni par mimétisme… Le maître a un devoir d’authenticité (et je souligne ce mot) : d’où la nécessité, pour moi que ce maître soit imprégné de culture orientale, avec sa perception, et son authenticité surtout….il nous arrive tel qu’il est, et il arrive tel qu’il est parce que le disciple est tel qu’il est… »quand le disciple est prêt, le maître arrive ». L’enseignement qui est à accueillir pour le disciple, c’est ce qui se passe en lui-même, et ce qu’il va découvrir de lui-même dans cette confrontation à l’authenticité du maître. Grâce à l’authenticité du maître, le disciple va ainsi « projeter » ce qu’il est sur le maître. et dans ces projections, il pourra trouver son être et discerner son ego…Effectivement, çà remue…énormément et çà remet en question. Mais que cherche t’on dans ce type de relation : à trouver et vivre sa propre authenticité en acceptant la remise en cause ou à nourrir l’ego? (Alain, vous parlez de « séduction » des maîtres…sommes-nous dans l’authenticité là ou bien dans l’égo?). Trungpa nous donne magnifiquement cet enseignement.
    De plus, en occident nous n’intégrons pas la loi du karma dans notre quotidien. Nous cherchons des explications à l’extérieur de nous. Tout est en nous ; toutes les explications si c’est ce que nous cherchons est en nous…J’AVAIS SIMPLEMENT ENVIE DE VOUS FAIRE PARTAGER MES TROUVAILLES.

  6. Annie Carignan dit :

    Il y a tellement de danger d’abus de pouvoir de toutes sortes… Je crois que ces maîtres qui sont appelés très jeunes à croire en leurs potentiels sont probablement convaincus du bien fondé de plusieurs méthodes, mais l’élève en vient-il vraiment à briser l’égo ou en vient-il simplement à accepter son insignifiance en croyant s’approcher de la vérité… Je crois au bien faits de la méditation mais je crois aussi au respect de l’intégrité de chacun. Toutes ces histoires sur certaines pratiques et façons de vivre de plusieurs grands maîtres me questionnent. Je me questionne beaucoup sur les enseignements de la folle sagesse même s’il m’ont autrefois beaucoup inspirés. Tous ces dérapages autour des grands maîtres m’attristent, mais j’ose encore croire… il me semble… peut-être… En effet, sommes-nous dans l’authenticité ou dans l’égo? Et l’esprit est si maniable.

  7. « Tous ces dérapages autour des grands maîtres m’attristent, mais j’ose encore croire… »comme je l’ai déjà dit précédemment, il me semble que cette désillusion, cette tristesse due au deuil de toutes les projections, de toutes les illusions au sujet des maîtres, est un passage nécessaire sur le chemin spirituel. Le seul maître est à l’intérieur de soi-même. « Si tu croises le Bouddha, tue-le » raconte-t-on aussi dans l’enseignement bouddhiste.

  8. Le Salé dit :

    Il ne faut pas tout mélanger. La 4ème tribu a tous les droits. L’art de la méditation inclue l’alcool et ses effets.

    • nous sommes vraiment en désaccord. Pour moi, l’art de la méditation inclue tous les devoirs, plutôt que tous les droits. C’est à dire tout ce qui tourne autour de l’éthique – on pourrait dire aussi ce qui a à voir avec le Beau, le Vrai et le Bien. Et cela de manière naturelle, spontanée et non coercitive comme pourrait le faire penser une conception moralisatrice de ce que je viens de dire. Donc pour moi, la méditation et l’alcool, c’est une forme de méditation névrotique, exprimant une souffrance non réglée.

  9. mol dit :

    si tu ne souffres pas tu ne médites plus. La grâce est là.
    peu importe le flacon. Il est soin.

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