Vive les éditions Bruno Doucey !

Quand naît une nouvelle maison d’éditions
et qu’elle est consacrée toute entière à la poésie,

alors, il y a un frissonnement de joie dans le ciel,
un soupir d’aise au plus haut niveau de la création,
dans les sphères supérieures de l’Esprit,
– et il est important que le web participe aussi de cette fête.

De plus, ce n’est pas une  maison d’éditions anodine,
venant d’une poignée d’amateurs illuminés, au fin fond d’une province reculée,
– bien que cela soit aussi tout à fait louable et respectable -


il s’agit d’une maison créée par Bruno Doucey,
l’ex-directeur de publications des prestigieuses éditions Seghers,

dévorées par un grand prédateur financier venant d’Espagne.

Celui-ci, par fidélité à l’esprit de résistance de Pierre Seghers,
– et par les temps qui courent, écrire de la poésie
n’est-il pas un acte de la plus grande résistance,
face à une monoculture prosaïque,  contaminée par les impératifs consuméristes ? -
celui-ci vient donc, en mai dernier, de publier cinq  recueils, élégamment présentés,
consacrés à des poètes du monde entier désireux de s’exprimer dans la langue française.

Le choix est sûr et judicieux :
parmi les auteurs, nous avons repéré « Cette guêpe me regarde de travers » d’Oscar Mandel,
poète américain parlant des choses essentielles avec humour,
une anthologie de la poésie féminine en Haïti « Terre de femmes »,
particulièrement d’actualité,

et le limpide recueil de Stéphane Bataillon,
dont voici un extrait :

Je ne te demande pas
de me donner la carte

Juste de m’indiquer
la route de ta contrée

Je la suivrai sans crainte
pour ressentir le jour
jusqu’au creux de tes bras
avant qu’il ne s’estompe

Je ne veux pas chercher
à transpercer leurs cris

Mais rester à l’écoute
du silence tendu

Pour employer les mots
à fusionner le monde

Pour qu’il reste inégal.


Tags : ,

Laisser un commentaire