Arrêt sur image : mode d’emploi

 

Arrêt sur image : mode d’emploi
ou comment en finir avec le virtuel

1 Tout d’abord : résister à l’addiction de tourner la page pour « zapper » et aller voir ailleurs.

2 Prendre le temps de « l’arrêt sur image », afin de regarder longuement cette image
pour s’y absorber…

3 Puis lire lentement, de préférence à haute voix en prenant son temps, la poésie qui suit.

4 Revenir une nouvelle fois à l’image…

5 Une méditation sur l’image s’impose, pour passer si possible au delà de l’image.

6 Eventuellement un commentaire pourrait venir et serait le bienvenu,

7 Alors prendre le temps de l’envoyer,

8 Puis fermer son ordinateur pour la pause de plus en plus nécessaire intitulée :
 » En finir avec le virtuel, revenir dans le monde réel ! ».

 

Poésie : « Rester là immobile devant l’image »

Rester là
lontemps immobile
silencieux

devant l’image

Stopper ce flux du monde virtuel
cette marée inondante
submergeant les cerveaux

résister à l’addiction numérique dévorante
prendre son temps
immobiliser le temps…

Arrêt sur image

arrêt de l’information informe
c’est un déluge qui nous entraîne
au naufrage

s’arrimer à cette seule image silencieuse
se laisser envahir
par la Beauté inondante de ses formes…

Aucun mot possible
le silence d’abord
rien que le silence de l’image
immobile

élargir lentement l’espace
dans ce présent qui se propage
au plus profond de soi-même…

Immobiliser le temps qui passe
arrêter cette folle machine virtuelle
qui nous submerge

arrêt sur image
se guérir enfin de l’addiction
de tous ces écrans saturés de signes
pour nous dévorer

refuser cette abîme irréelle
du monde virtuel…

Se laisser inonder
par la beauté silencieuse
d’une seule image
abandonnée sur le sable de la plage

ressentir une détente
un sourire peut-être
cette légéreté paisible de l’intérieur

tandis que l’image n’en finit pas
d’étaler sa présence
pour nous sauver de la noyade

Une seule image
un grain de sable
pour enrayer la machination virtuelle

silence partout…

éclosion
de la Conscience immobile
éclosion du moment présent

devenir vide
complétement vide
et dans ce Vide
peut-être :

un trop plein de Lumière…

par où aime s’exprimer
le Poème…

 

S’il vous vient un poème à la lecture de celui-ci,
alors c’est bon signe…
Merci de nous le partager.

 

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4 réponses à “Arrêt sur image : mode d’emploi”

  1. Alain Gourhant dit :

    Je dépose ce message poétique, reçu ce matin par email, venant de MD,
    qui rencontre – lui aussi!- quelques difficultés techniques en ce monde très technologique d’internet,
    dont nous sommes pour ainsi dire – lui et moi et quelques autres – comme des passagers clandestins… !

    « Mobile… le corps addictif de son jogging, les pensées tournées vers ce but de se dépasser.
    Dépasser… soi-même, pour être meilleur que les autres, le sport c’est bon pour la santé.

    Santé… les médias nous en regorgent de vérités et contre vérités, réseaux sociaux à l’appui.
    Appui… de ce flot numérique qui dirige toute ma vie, un mascaret sans lequel je serai perdu.

    Perdu… je cherche mon chemin, angoissé par ce vrai flux virtuel et reflux meurtri de mon âme.
    Âme… qui se trouve subitement sensibilisée par une image, qui l’inonde avec joie dans le réel.

    Réel… une notion qu’elle avait depuis longtemps oubliée et qui amène sa pensée à être silencieuse.
    Silencieuse… absorbée par cette beauté dont elle ne peut se détacher et la plonge dans l’immobile.

    Immobile… par cet arrêt sur image, un Vide où éclot une Conscience de Soi dans cette marée.
    Marée… un flux qui laisse la trace sur la plage de l’Amour, sans mots/maux, c’est le monde réel.

    Réel… où le reflux évacue mes leurres et mes détresses, pour éteindre mes addictions au virtuel.
    Virtuel… devenu inutile et pollueur, je le laisse partir et s’engloutir aux fonds des Océans.

    Océans… dont la surface reflète le Soleil qui nous a donné la Vie, et la vue de ce moment présent.
    Présents… silencieux, immobiles, Vides… baignons-nous à jamais dans cette paisible Lumière… »

    • Alain Gourhant dit :

      Oui Michel,
      c’est ça qui est bien dans la poésie :
      il n’y a aucun commentaire à faire,
      juste lire et encore relire en faisant de grands silences
      pour les mots qui sonnent à l’intérieur comme une musique sacrée
      qui fait du bien ;
      le temps s’arrête :
      une sorte de dé-temps-te…
      au loin, tous les petits emmerdes techniques…!

    • annie fugier dit :

      Juste un mot : Hier , arrêt sur image.
      j’ai pris ma voiture rien que pour aller au village voir les vols de martinets noirs au-dessus des toits, car ils repartent fin juillet et il faut en profiter.
      Comme s’ils m’avaient comprise, ils m’ont rasée à une vitesse phénoménale, ils étaient une vingtaine. Arrêt sur image mouvante !!!
      J’ai alors « ancré » en moi un mot d’amour et de force, en les admirant.
      Pour me souvenir de cette vision lors des passages difficiles de la vie.
      Eux qui migrent d’Afrique tous les ans avec courage et noblesse, maîtres de vie.

      • Alain Gourhant dit :

        Oui, Annie, c’est à peu près le même principe que vous décrivez là :
        associer à une image ou à une expérience de vie, comme vous le faites,
        un certain nombre de pensées de préférence positives ;
        on retrouve cette technique en PNL (Programmation Neuro-Linguistique) sous la désignation d' »ancrage »,
        dont on peut encore accentuer la force avec une sensation corporelle associée.

        La seule différence est que dans mon exemple de photo, celle-ci est l' »ancrage » de la possibilité d’un poème et d’une réflexion sur le monde virtuel face au réel – on pourrait aussi employer cet affreux mot pseudo scientifique de « stimulus ».
        Cela arrive souvent dans la vie une image, une impression fugace est le point de départ d’une longue digression qu’elle soit mentale ou artistique.

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