La méditation selon Krishnamurti

Suite à  l’article précédent, voici une illustration de la plénitude méditative, l’irruption spontanée de l’état méditatif, sans l’aide d’aucune technique, au contraire !
C’est l’option Krishnamurti qui s’est opposé durant toute sa vie à tous les maîtres, à toutes les techniques, peut-être pour une sorte de dépoussiérage nécessaire par rapport aux traditions religieuses et méditatives, qui deviennent souvent avec le temps, sclérosées, mécaniques, répétitives.

En tout cas, de temps en temps, pour me remettre de mes pérégrinations sur les boulevards bruyants de la grande ville, j’aime ouvrir un livre de Krishnamurti, au hasard, comme un intermède ou plutôt un ressourcement méditatif, capable de me recentrer instantanément sur l’Essentiel – celui que l’on oublie toujours pour les sirènes du mental égotique.
Il y a un livre que j’affectionne particulièrement, c’est « La révolution du silence », il existe maintenant en livre de poche, mais j’ai la chance de le posséder dans une édition ancienne de 1972 (chez Stock dans la traduction de Carlo Suarès), au papier tout jauni, souligné et annoté de partout.
Alors, je lis tout haut les phrases qui résonnent comme de la pure poésie, et surtout je ressens le silence entre les mots : il y a parfois spontanément comme un parfum de méditation profonde qui s’empare de moi :

« Si l’on entreprend de méditer de propos délibéré, ce n’est pas de la méditation.
Si l’on se propose d’être bon, la bonté ne fleurira pas, si l’on cultive l’humilité, elle cesse d’être.
La méditation est comme la brise qui vient lorsqu’on laisse la fenêtre ouverte ; mais si on la laisse ouverte délibérément, si délibérément on invite la brise, alors elle n’apparaîtra pas.
La méditation n’est pas dans le processus de la pensée, car la pensée est si rusée qu’elle a d’infinies possibilités de se créer des illusions, et alors la méditation lui échappe.
Comme l’amour, elle ne peut être pourchassée.

Le fleuve, ce matin-là était immobile. On pouvait y voir les reflets des nuages et du nouveau blé de l’hiver. Même la barque du pêcheur n’avait pas l’air de le troubler. Le calme du matin s’étendait sur les terres. Le soleil était juste en train de monter au dessus des arbres,
une voix lointaine appelait, et, tout près, un chant sanscrit s’élevait dans l’air… »
(En Inde : chapitre VI)

 

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