La méditation selon Krishnamurti

De temps en temps, pour me remettre de mes pérégrinations sur les boulevards bruyants de la grande ville, j’aime ouvrir un livre de Krishnamurti, au hasard, comme un intermède ou plutôt un ressourcement capable de me recentrer instantanément sur l’Essentiel – celui que l’on oublie toujours.
Il y a un livre que j’affectionne particulièrement, c’est « La révolution du silence », dans une édition ancienne de 1972 (chez Stock), au papier tout jauni, souligné et annoté de partout. Je lis tout haut les phrases qui résonnent comme de la poésie, et surtout je sens le silence entre les mots.

« Si l’on entreprend de méditer de propos délibéré, ce n’est pas de la méditation. si l’on se propose d’être bon, la bonté ne fleurira pas. si l’on cultive l’humilité, elle cesse d’être. La méditation est comme la brise qui vient lorsqu’on laisse la fenêtre ouverte ; mais si on la laisse ouverte délibérément, si, délibérément on invite la brise, elle n’apparaîtra pas.
La méditation n’est pas dans le processus de la pensée, car la pensée est si rusée qu’elle a d’infinies possibilités de se créer des illusions, mais alors la méditation lui échappe. Comme l’amour, elle ne peut être pourchassée.

Le fleuve, ce matin-là était immobile. On pouvait y voir les reflets des nuages et du nouveau blé de l’hiver. Même la barque du pêcheur n’avait pas l’air de le troubler. Le calme du matin s’étendait sur les terres. Le soleil était juste en train de monter au dessus des arbres, une voix lointaine appelait, et, tout près, un chant sanscrit s’élevait dans l’air. »

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