« N’écoutez pas votre cerveau »

Ce livre « N’écoutez pas votre cerveau, comment rester sain dans un monde malade »  de Martine Laval, aux éditions InterEditions, est un véritable livre intégratif, tel que je le conçois.
A noter que la deuxième édition de ce livre s’intitule désormais « Apprivoisez votre cerveau » Il a été enrichi de réflexions supplémentaires et il est édité depuis mars 2016 aux éditions Grancher.

Un livre de la complexité du monde actuel

C’est d’abord un livre de la complexité du monde où nous vivons actuellement, au sens qu’ Edgar Morin a donné à ce mot « complexité ». Cela se traduit  par les multiples chapitres et parties qui le composent, qui sont autant d’entrées et de portes,  nous conduisant dans différents domaines de la connaissance ou différents champs de réalité  : la médecine d’abord et le monde de la santé,  l’entreprise et le management, les expériences personnelles de vie de l’auteur,  la psychologie et la psychothérapie, les neurosciences, l’anthropologie, l’éthologie, l’économie, la sociologie, la spiritualité, etc, etc… la liste pourrait être  longue. En effet le temps du « diktat » des spécialisations est terminé, car ce cloisonnement des champs du savoir, issu d’une méthodologie scientifique d’un autre âge, a montré  son impuissance à comprendre le monde actuel dans sa totalité luxuriante. Aussi est-il agréable et passionnant de se laisser conduire au gré des pages prises au hasard ou dans leur déroulement logique, car on a l’impression d’être dans la vraie vie, celle de la complexité aux multiples facettes du réel.

Ce monde est malade

Un constat important, revenant souvent comme un leitmotiv, que je partage aussi entièrement : ce monde, et particulièrement ce monde de l’abondance des sociétés occidentales où nous vivons actuellement, est malade, gravement malade, – et plus  ennuyeux encore,  la médecine sensée nous guérir, en apparait comme le corps le plus atteint.  Cette maladie générale, ce n’est pas une simple crise économique capable d’être résolue par quelques experts en sciences économiques, c’est beaucoup plus profond, il s’agit d’une maladie globale qui prend ses racines au plus profond du fonctionnement humain,  le fonctionnement inadapté de son cerveau.

Le grand dysfonctionnement du cerveau humain

C’est là, dans ce diagnostic, que réside la grande originalité du livre , en même temps que l’unité de ce livre,  c’est à dire son principe d’intégration qui est  la recherche de l’unité dans la diversité de  toutes les différentes facettes de la réalité.  Le cerveau humain est inadapté dans son fonctionnement archaïque, vieux de plusieurs centaines de millions d’années, inadapté à la réalité actuelle : le règne de l’abondance matérielle des sociétés post-industrielles. Ce cerveau est un cerveau de primate prédateur qui s’est formaté sur des réflexes de survie « reptilien-limbique » dans le monde du manque et du combat pour la survie, ce qui est de nos jours une complète aberration dans ce règne de l’abondance consumériste. Pour expliquer son hypothèse, Martine Laval se fonde dans un langage simple et volontairement vulgarisateur, sur les découvertes des neurosciences – en particulier de Damasio – montrant tous les blocages de la circulation de l’information entre cerveau reptilien-limbique et néocortex, et toute l’importance du rôle de nos émotions (peur, colère, tristesse, joie).

Le règne du « toujours plus »

Prisonnier de ses réflexes de survie, le cerveau humain dans son dysfonctionnement, continue à vouloir accumuler de plus en plus de richesses matérielles, dans des postures de combat contre la nature et contre les autres, et dans des addiction de plus en plus destructrices,  mettant en péril la survie de l’espèce humaine : c’est le règne suicidaire du « toujours plus » : « toujours plus » de sucre, de sel, de graisses et de viande rouge mettant en péril notre santé, « toujours plus » d’objets de toutes sortes épuisant  les ressources limitées de la planète Terre, « toujours plus » d’informations (en particulier numériques) nous rendant complétement déboussolés, etc, etc. Une sorte « d’obésité galopante » à tous les niveaux dont on se demande vraiment comment elle pourra s’arrêter, vues toutes les exhortations du credo obsolète de la croissance venant des « puissants » de ce monde.

La sortie de secours : l’évolution de la conscience

Mais comment pouvons-nous nous en sortir ? Ce livre est une exhortation généreuse et passionnée à la prise de conscience, c’est à dire à l’émergence et à l’évolution de la conscience humaine. L’être humain ne peut passer de son mode d’action réflexe inadapté, à un mode d’être fondée sur la conscience, passant en priorité par la prise de conscience  et l’acceptation éclairée de ses conditionnements et de ses dysfonctionnements. Ensuite (ou conjointement) peuvent se mettre en place les dimensions les plus hautes de notre humanité – la fine fleur de la conscience humaine autour de l’Amour, la Connaissance et la Création – dont certaines personnes d’exception nous rappellent toujours la possibilité – le livre en parle aussi beaucoup avec par exemple Mohammad Yunus et le micro-crédit ou le Dalaï Lama et l’éternelle sagesse.

C’est donc à chacun de « s’offrir la conscience comme compagne de vie« , ainsi que s’intitule la conclusion de ce livre très réussi.

Voir aussi sur mon site, l’interview de Martine Laval sur son livre

 

 

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2 réponses à “« N’écoutez pas votre cerveau »”

  1. Thérèse Allart dit :

    Bonjour…. je tourne autour du livre de Martine Laval, et j’ai lu, les entretiens , avec elle……

    Je ne l’ai pas encore acheté… Car, d’une part, je ne suis plus boulimique, des livres et de la consommation, en général…Pour plusieurs raisons…et, entre autre, je n’ai plus envie d’acheter, n’importe quoi, n’importe comment.etc…..Et de me laisser envahir par des objets..

    A qui s’adresse, ses livres? quels publics?… Aux cadres des entreprises, qui vivent dans le stress?… »en se disant, que ça redescendra, vers l’employé »?…

    Moi? je suis à l’écoute des ouvriers, des employés, aussi,(de part mon métier, et mes curiosités diverses envers l’humain)…..et, aucun ne me parle de « coachings »…Ils « subissent »…Comment imaginer proposer à un ouvrier, payé le smic, d’aller vers les médecines alternatives, payantes? a t-il le choix de son médecin? de son moyen de transport? comment lui proposer de « choisir » de pratiquer du vélo(par exemple), à la suite de rythmes de travail infernaux?envers des tâches, où il est sans cesse, debout? en alertes, en vigilances?… a t-il les moyens de se « nourrir bien »?etc..

    A t-il les moyens, avec des rythmes, (par exemple, « les 5…8: 2 matins, deux après midis , deux nuits.. deux nuits complètes, de repos… et y compris les jours fériés……et 45 jours, avant d’arriver à vivre un week end en famille »?)…. de s’inscrire à des cours de yoga? par exemple…

    Mme Laval dit « bien connaître le monde de l’entreprise »… J’en suis bien étonnée…

    Peut-être est-il « plus facile », d’aller voir, la « misère » humaine, ailleurs, dans le monde, non?et de s’y faire photographier, tel un « chasseur », ,fier, des ses « bonnes actions »?…Il s’agit « entres autres, de trouver ses pauvres »? non.. pour rester en « santé »? non?

    C’est un livre « intégratif »? de qui? avec qui?… ça me pose questions…

    Bien sûr, qu’il est intéressant, aussi… Car il fait des liens entre la non connaissance de notre cerveau , (quoique, les neuros sciences, ne font que , peu à peu… vérifier, ce que la psychanalyse, avait découvert, bien avant elles…il me semble…)… et les liens avec le corps, nos modes de vies…Etc…

    Mais je ne crois pas que je vais l’acheter… Mme Laval, n’a pas besoin de mon argent, puisque , elle est « très bien rémunérée »…non?… Et par qui?pour qui?etc……..des entreprises qui continuent à jeter des gens sur le carreau, dès qu’ils deviennent un peu âgé, malades, etc…..et des « grands groupes ».?.. Je m’en étonne , même en la lisant…Car « elle est très demandée »… « et très chère »…non?

    Par contre le livre, de Edgar Morin, « la voie »….je vais aller le feuilleter, retourner autour, il me semble , bien passionnant…

    Merci!… de vos « éclairages »… cela amène des questionnements…des réactions…

    Bien respectueusement
    Thérèse

    • je dois vous dire, Thérèse, que ce n’est pas une bonne chose que de critiquer un livre, sans l’avoir lu, par la seule force de vos préjugés.
      Aussi, je me refuse de discuter avec vous, pour le moment.