Patanjali : un « Yoga royal » pour le temps présent

Après presque un an de silence sur ce blog,
cet article serait-il une  reprise de l’écriture ?
Pas vraiment, au sens où ce n’est pas moi qui l’ai écrit :
il s’agit de l’interview d’un ami qui a rédigé presque complétement le contenu,
sauf quelques corrections et ajouts sur la fin.
Par contre je suis content de présenter ce texte sur le blog, car il est dédié au Yoga.
J’ai déjà parlé du Yoga dans quelques articles précédents,
mais cette fois-ci, c’est plus approfondi, et surtout il s’agit du « Raja Yoga », le Yoga royal de Patanjali,
pour lequel j’éprouve depuis très longtemps une sorte de vénération,
en témoigne chaque matin le rituel personnel des postures, des respirations et de la méditation.
Je vous souhaite bonne lecture et l’envie de laisser des commentaires :
il y en a eu précédemment 2600 pour 238 articles,
j’ai souvent l’impression qu’il s’agit du plus important.

L’interview autour du Raja yoga de Patanjali

Voici donc la version complète de cet interview que m’a demandé récemment Marc Siellethair et qu’il a rédigé pour sa newsletter très intéressante, dénommée « Ethérapia« , newsletter que je recommande à tous, yogi ou non-yogi, engagés dans une recherche sur soi-même sortant des sentiers battus.
Je l’ai légèrement modifiée pour préciser certains points, en particulier dans le dernier paragraphe.

La sortie du livre « Les 8 moyens du Raja-Yoga«  a suscité un beau feed-back de la presse indépendante spécialisée : « Le journal du Yoga » ;
par la suite, cela a déclenché un partage avec Alain Gourhant, thérapeute intégratif de la première heure, comme vous pourrez le constater sur son site :
psychotherapie-integrative.com.
Il est très rare de rencontrer des yogis ayant une réelle connaissance ou pratique des « 8 moyens du Raja-Yoga », aussi, découvrir qu’Alain était « tombé dedans » dès 1968 et avait même osé un exposé des deux premiers moyens à des chefs d’entreprises en
1992 dans le cadre d’une haute école de commerce, cela m’a vraiment donné envie d’en savoir plus sur ce parcours atypique et son point de vue sur le Raja-Yoga.  Alain a accepté mon invitation au partage, et vous trouverez ci-dessous une bien modeste synthèse de ses propos.

Newsletter Etherapia (NE) : Bonjour Alain, et merci de prendre du temps pour ce partage sur le Raja-Yoga.
Ma première question sera « depuis quand ? depuis quand cet intérêt pour le yoga et en particulier pour le Raja yoga ?

Alain Gourhant (AG) : Tout d’abord, merci Marc de me permettre de partager ainsi mon vécu, mon expérience auprès des lecteurs de la newsletter. Effectivement, c’est autour de 1968 que ma rencontre avec le Yoga s’est établie en particulier avec l’approche de Nil Hahoutoff (1900-1982, cofondateurs de l’Union européenne de yoga en 1972). C’était un « hata-yoga » très exigeant, très physique, où par exemple la salutation au soleil était répétée de nombreuses  fois » afin d’amener un état de lâcher-prise corporelle. C’est là que j’ai entendu parler de Patanjali pour la première fois et de son petit livre édité en livre de poche : « Yoga-sutras (1) ». Ce qui m’a interpelé tout de suite c’est l’aspect presque scientifique, très précis et très complet de la démarche proposée par Patanjali ; cela m’a tout de suite beaucoup plu.

Un yoga scientifique

NE : « scientifique »… ??? peux-tu nous expliquer ?

AG : Scientifique, au sens de sérieux, rationnel, cohérent et pragmatique, dans une progression synthétique en huit étapes. ‘. De plus, tout est présenté de manière simple, presque minimaliste, pas d’ésotérisme sulfureux ni de croyance religieuse, juste des incitations à une pratique claire et complète ; on retrouve cette simplicité dans le fait même que Patanjali ne se fait pas appeler « Sri Patanjali », mais juste « Patanjali ».

NE : Effectivement, rationnel, pragmatique et synthétisé en 195 textes courts (sûtras).

AG : Oui des textes courts, comme des aphorismes, une sorte de manuel pratique très précis, destiné aussi à la transmission orale de cette époque (environ – 2e siècle, +2e siècle environs – on ne sait rien de la vie de Patanjali).
Une autre chose qui m’a beaucoup plu dans ce Raja-Yoga, c’est évidemment la dimension transcendante, spirituelle, « transpersonnelle » dirait Ken Wilber. Il s’agit d’une véritable science de l’accès à la transcendance issue du mysticisme profond de l’Inde et de sa sagesse pratique, ancestrale – cette transcendance pourrait-être ressentie d’ailleurs comme une provocation pour le yoga actuel majoritairement consacré au développement personnel, en particulier à la beauté narcissique des corps.

NE : Mais avant d’aller plus loin sur les 8 étapes ou moyens, il peut être intéressant de dire à nos lecteurs, comment c’est fait ta deuxième rencontre avec le Raja-Yoga de Patanjali, car ce n’est pas banal…

Osho et le yoga de Patanjali

AG : Tout à fait, j’ai été quelques temps disciple d’Osho Rajneesh dans les années 80. J’ai donc séjourné en Inde pour vivre son enseignement très dynamique et même festif, mais surtout « intégratif » au sens où il voulait relier les thérapies occidentales du moment (encounter, catharsis émotionnelles, bio-énergie, Gestaltthérapie, hypnose, etc) avec toutes les sagesses du monde entier, évoquées dans des discours inspirés regroupant des milliers de personnes ; cela a été pour moi une véritable révélation. Ensuite, quand Osho est parti aux USA, les choses se sont fortement dégradées, aussi je ne l’ai pas suivi.

NE : Osho, le créateur des méditations dynamiques, oui mais pas de rapport avec le Raja-Yoga … ? Peux-tu être plus explicite ?

AG : Peu de gens le savent, mais Osho était un grand érudit et il a étudié longuement les yoga-sutras de Patanjali, il les a abondement commentés, pour en tirer par la suite 10 volumes sur le sujet (en 1975) intitulés : « Yoga : The Alpha and the Omega« , dont le volume V nous intéresse plus particulièrement puisqu’il est centré sur les 8 moyens.

NE : Afin que le lecteur se fasse une opinion, j’inclue ici l’introduction que fait Osho aux travaux de Patanjali dans le volume I partie 1 :

« Le yoga est une science pure et Patanjali en est le plus grand nom en ce qui concerne le monde du Yoga. Cet homme est rare. Il y a peu d’autres noms comparables à Patanjali. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, cet homme a fait de la religion un état de science : il a fait de la religion une science, de simples lois ; aucune croyance n’est nécessaire. « 

Patanjali est précieux. Il est éclairé comme Bouddha, Krishna, Christ, Mahavira, Mohammed, Zarathoustra, mais il est différent en un sens, car Bouddha, Krishna, Mahavira, Zarathoustra, Mohammed, personne n’a une attitude scientifique. [ … ]

Patanjali est comme un Einstein dans la parole des Bouddhas. C’est un phénomène. Il aurait facilement pu être lauréat du prix Nobel, comme Einstein ou Bohr ou Max Planck, Heisenberg. Il a la même attitude, la même approche d’un esprit scientifique rigoureux. [ … ] Et il en est venu à déduire des lois absolues de l’être humain, la structure de travail ultime de l’esprit et de la réalité de l’homme. »

NE : 10 volumes dès 1975, Patanjali a donc beaucoup inspiré Osho et je comprends pourquoi il a pu enrichir ta connaissance du Raja-Yoga. Nous pouvons maintenant aborder les 8 moyens si tu le veux bien.

Les 8 moyens du Raja Yoga et leurs schémas de présentation

AG : Tout à fait, la première chose qui me semble importante, c’est la manière dont on représente ces 8 moyens sous forme d’un schéma logique et inspirant : soit comme une échelle ascendante (le schéma intégratif classique), ou comme une pyramide comme tu le proposes dans ton livre, ou alors comme des poupées russes ? J’ai beaucoup aimé aussi ta proposition très belle sous forme d’une fleur de vie à 8 pétales en première page de ton livre. Personnellement, j’ai un penchant pour une roue à 7 branches qui nourrissent l’axe et entretiennent le Centre de la roue : l’état suprême du « Samadhi ».
Ainsi, chaque moyen, chaque membre, peut donner accès par lui-même au Samadhi, cet état de transfiguration complète où l’ego est totalement transcendé. Gandhi, par exemple, n’a prôné toute sa vie qu’un Yama : la non-violence (Ahimsa) ; c’était pour lui la clef pour dépasser le prédateur en soi-même, afin d’en finir avec cette violence archaïque qui crée perpétuellement notre enfer, et l’on peut dire volontiers que cela lui a permis d’atteindre à la fin de sa vie un degré de sagesse incomparable, proche sans doute du Samadhi.

NE : Cette modélisation sous forme de roue, montre bien qu’un seul moyen peut permettre d’atteindre le centre. Et on pourrait même allez plus loin, car un seul des Yama (les 5 prescriptions) ou un seul des Niyama (les 5 observances) peut devenir un accès au Samadhi. Mais que dirais-tu justement de ces deux moyens ?

AG :  oui, cet accès direct est aussi peut-être une manière moins scolaire de voir les choses  : plutôt qu’une lente progression demandant efforts, constance et discipline (la Sadhana) ; il y aurait aussi pour quelques uns la possibilité d’atteindre directement le Samadhi en cultivant un seul moyen.

Les prescriptions et observances préliminaires : Yama et Nyama

Mais revenons aux Yamas et Nyamas : contrairement aux 10 commandements d’un Dieu redoutable qui punit si on ne les respecte pas, les 5 prescriptions Yama : la non-violence / la vérité / ne pas voler / la chasteté / la non-possessivité) et les 5 observances Nyama (la pureté / le contentement / la restriction / l’étude des textes sacrés / l’abandon au divin) sont plutôt présentées par Patanjali comme 10 conseils d’un maître bienveillant, voire 10 conseils d’ami, c’est à dire une incitation non dogmatique à une morale ou une éthique préalable – même si cela peut apparaître de nos jours comme une véritable provocation dans une société devenue totalement permissive qui déteste tout ce qui pourrait faire penser à une leçon de morale.
Si l’on veut différencier Yama de Niyama, on peut dire que les prescriptions sont plutôt vis-à-vis des autres,
et les observances vis-à-vis de soi-même. Mais globalement il s’agit avant tout d’une aide par rapport à l’egocentrisme prisonnier de sa folie prédatrice, une sorte d’éthique préliminaire pour être bien avec les autres et avec soi-même, afin de passer à une nouvelle vision positive de la Vie.

NE : Pour les prescriptions s’il n’y en avait qu’une ce serait « Ahimsa », la non-violence, mais pour les observances où va ta préférence ?

AG : Ce serait « Santosha« , le contentement, le contraire de cette insatisfaction chronique du mental qui en veut « toujours plus ». Cultiver ce contentement, cette acceptation inconditionnelle de soi-même, des autres et des événements de sa vie, cela est une qualité essentielle capable de mener peut-être à une sorte d’Éveil naturel, à un « Samadhi » via « Ananda » la joie profonde. C’est aussi le sourire inconditionnel des maîtres taoïstes sur ce monde.

Les postures (asanas) et les respirations (pranayama)

NE : Le troisième moyen c’est « Asana » la posture, quelle est ton expérience sur ce moyen ?

AG : Tout d’abord par rapport au grand nombre de postures actuelles, je dirais que dans ma pratique initiale il n’y avait que 5 à 6 postures pour un cours de 2h, et l’on commençait et finissait toujours par « Savasana« , la posture allongée de la détente. On la nomme aussi « la posture du cadavre », car elle nous propose symboliquement de « mourir et renaître » à nous-mêmes, à chaque fois, par un profond lâcher-prise. Ensuite toutes les postures étaient prétexte à RESPIRER, OBSERVER, respirer, observer, surtout là où j’ai mal, respirer longuement dans cette zone délicate pour progressivement passer dans un autre état presque agréable. Gérard Blitz qui était un ami de Nil Hahoutoff disait : « la posture, c’est être fermement établi dans un espace heureux ».

NE : Donc des postures statiques, mais dans lequel l’enjeu est la respiration consciente pour libérer une zone de stress. Ce qui nous amène tout doucement vers le moyen suivant « Pranayama », la respiration consciente ou l’observance du prana (l’énergie).

AG : Tout à fait, mais avant d’aborder le quatrième moyen, j’aimerai ajouter que la seule pratique puissante  des asanas ou du pranayama (les respirations), peut conduire au Samadhi, via un merveilleux lâcher-prise, mais aussi vers le développement de pouvoirs surnaturels, les Siddhis ; Patanjali insiste sur ce point dans un chapitre entier qui leur est consacré (chapitre III : Vibuhti Pada : les manifestations de puissance venant de la pratique). Les siddhis peuvent être en effet des handicaps à l’Éveil, car ils peuvent renforcer l’ego en lui donnant des pouvoirs magiques. C’est aussi pour cela sans doute que Patanjali n’insiste pas trop en ne parlant que d’une seule posture générique : l’assise, qui doit être stable et « bienheureuse ». D’ailleurs les voies issues du Yoga comme le Zen ne préconisent aussi que cette seule posture.

NE : C’est vrai qu’il n’y a pas de « postures complexes » chez les bouddhistes, taoïstes, zen …

AG : oui, l’assise, l’asana la plus précieuse, est donc le meilleur moyen pour pratiquer Pranayama, la respiration consciente, qui va permettre de magnifier encore plus notre présence en lui apportant au passage l’énergie (le prana). Là encore, dans cette idée de progression, Pranayama est une voie d’accès privilégiée pour établir une connexion directe à la méditation, porte du Samadhi.

Préparations et pratique de la méditation (dhyana)

NE : Si je me souviens bien de ce que tu m’as dit, tu préfères considérer les 3 moyens qui suivent comme un seul et même processus (appelé « Samyama ») ?

AG : Oui, les moyens 5, 6 et 7 forment une sorte de progression en un triptyque qui va s’enchaîner de façon naturelle avec une belle assise dos droit, il s’agit de :

  1. le Retrait des sens (Pratahyara): yeux mi-clos ou fermés : on s’intériorise et le mental commence à lâcher l’agitation du monde extérieur, afin d’être mis à la bonne place pour la méditation.
    2. la Concentration (Dharana) : sur un point par exemple ou la flamme d’une bougie ; alors le « singe fou » du mental apprend à se calmer pour s’immobiliser à une place où ses perturbations sont minimisées.
    3. la Méditation, « Dhyana » : un mot très important qui a donné la méditation « Chen » pour la Chine, le « Dzogchen » chez les tibétains et « Zazen » pour le Japon. C’est un état où la Conscience apprend à observer calmement le mental, jusqu’à ce que les pensées et la Conscience s’unissent progressivement.

L’objectif final : le Samadhi ou éveil de la Conscience

Alors naturellement, quand l’union parfaite est réalisée, c’est le Samadhi, l’Eveil, on pourrait dire aussi la pure ou pleine ou vide Conscience, cet état intérieur indescriptible, au-delà des mots, où la Conscience ayant totalement absorbé les perturbations du mental egotique, se fond dans un espace intérieur/extérieur, infini inommable, extatique.

NE : Et bien, merci Alain pour cette synthèse du voyage vers le Samadhi, le huitième moyen qui est, au final, l’objectif.

AG : J’aimerai rectifier ce que viens de dire sur le Samadhi :  Patanjali n’est pas vraiment sur une conception du Samadhi ou de l’Eveil comme une expérience extatique, inommable, comme je viens de le dire. Au contraire, il consacre toute la première partie de son livre à explorer ce Samadhi, qu’il intitule : « Samadhi pada : le chemin du samadhi« , afin de tenter de le définir en une cinquantaine de préceptes ou sutras.
Il s’agit d’abord de clarifier le but suprême du yoga en une formule abrupte qui est restée célèbre chez les pratiquants avertis  : « Yoga chitta vritti nirodha »: le yoga c’est l’arrêt des perturbations du mental ». Certes la méditation Dhyana est très importante pour cela, mais ce n’est qu’un état préparatoire, où le mental apprend peu à peu à s’apaiser. Quand ce mental devient silencieux, alors Patanjali dans sa formulation toujours aussi condensée s’exprime ainsi : « Tada drashtar svarupé avasthanam » : alors se révèle notre Centre établi en lui-même« . « Drashtar », c’est le Centre de notre être que l’on peut aussi appeler le Témoin immobile, le Soi, la Conscience absolue nous faisant participer de l’énergie cosmique » (2).
Il s’ensuit aussi, pour témoigner de l’esprit d’ouverture non dogmatique de Patanjali, une liste impressionnante de différentes possibilités, autres que la méditation et les 8 moyens du Raja yoga , pour accéder au Samadhi : il y a par exemple  le samadhi dû à la naissance, celui de l’énergie ardente de la foi, celui de l’attitude dévotionnelle, il y a la vibration sonore du « Aum » ou le fait d’être heureux inconditionnellement, etc, etc…
Tout cela pour dire aussi que le Samadhi, c’est la grande obsession du yoga originel de cette époque ;
nous sommes bien loin de l’actuelle « mindfulness » la pleine conscience à la mode. C’est comme si cette dernière s’était non seulement arrêtée à la méditation (dhyana) ce qui n’a jamais été le but ni le stade final du Raja Yoga, mais de plus, elle ressemble surtout à une simple relaxation mentale, déjà très agréable et utile en ce monde agité, mais ne posant jamais ou rarement cet objectif ambitieux de la transformation intérieure totale de soi-même dans le Samadhi, c’est à dire l’obtention d’un autre état de Conscience impliquant la Transcendance, l’Eveil à notre dimension spirituelle.

NE : Oui, c’est vrai, j’ai d’ailleurs beaucoup aimé ton article « La mindfulness : plénitude ou platitude ?« .

Conclusion

En guise de conclusion, qu’aimerais-tu ajouter sur les 8 moyens ou sur le Raja-Yoga en général ?

AG : J’aime beaucoup cette voie du Raja-Yoga de Patanjali, car c’est vraiment une voie royale, une voie globale, qu’on pourrait nommer intégrative, incarnée et pratique. Mais je pense aussi que par rapport aux écrits équivalents hindouistes, taoïstes, bouddhistes, zen ou du tantrisme cachemirien par exemple, son manque de succès ou sa méconnaissance, pourrait venir du fait que son écriture, sa présentation est rédigée de façon un peu abrupte, en un langage scientifique précis certes, mais presque rébarbatif par moment en son laconisme, et finalement pas assez poétique, contrairement à la Bhagavad Gitâ, aux Upanishads, au Tao-Te-King, au Yi-King, aux histoires soufies ou à Kabir.
La science de Patanjali : oui, elle est précieuse et indispensable en sa précision et sa clarté, mais pour moi paradoxalement, il faut aussi de cette poésie qui excelle pour décrire le chemin de l’accession au divin…

NE : Merci Alain de cette conclusion digne du poète que tu es et que nos lecteurs peuvent retrouver sur le site alaingourhant.fr et sur le blog.

AG : Namasté* ;o)
* Namasté, le geste ou/et la parole, symbolise la croyance qu’il existe une lumière divine en chacun de nous. C’est un signe de reconnaissance d’une âme envers une autre âme.

(1) La traduction la meilleure des « Yoga – sutras » reste celle déjà ancienne de Françoise Mazet avec ses commentaires pertinents : « Patanjali, Yoga-sutras » édité et réédité en livre de poche chez Albin Michel, collection Spiritualités vivantes.
Sinon pour ceux qui veulent approfondir, il est possible de lire les 10 tomes d’Osho en anglais sur internet, dont les tomes 5 et 6 correspondent aux huit moyens évoqués ici :
http://www.oshoworld.com/e-books/eng_discourses.asp?page_id=17
(2) formulation inspirée du commentaire toujours remarquable de Françoise Mazet dans son livre cité ci-dessus.

 

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6 réponses à “Patanjali : un « Yoga royal » pour le temps présent”

  1. anny dit :

    Et voilà, je croyais savoir plein de choses, moi qui fais du yoga depuis des lustres, et ça donne une autre dimension à ma pratique et ma théorie. Je cherche toujours ce qui réunit les sagesses et les sciences, la conciliation spiritualité, matérialité, philosophie, sagesse, nature, sciences…Vais devoir acheter ce livre et potasser cet article !!!!!!!!!!!!!!!! Merci Alain de revenir nous guider, dans ce fatras actuel de connaissances et méthodes… Le sens de l’unité est mon chemin et peut-être Patanjali va m’aider à aller plus vite.

  2. anny dit :

    Bonjour, cela fait plaisir de vous retrouver sur le blog, surtout sur le yoga de Patanjali, des purs des temps anciens, avec lesquels je débutais ma quête de la sagesse, du moins d’un début de sagesse. Je me demande si, de nos jours, il pourrait aider les humains à moins martyriser leur planète, car on est dans l’urgence absolue. Le yoga royal pourrait t’il amener les gens à un peu plus de respect ? Tous ces préceptes toujours valables et remis à l’ordre du jour pourraient t’ils être un peu plus appliqués si on en parlait plus ? Eviter toute cette violence, loin de ahimsa !!!
    Toutes ces attaques, à ne pas haïr, à rester plus zen, car le monde devient un peu fou, et notre planète, de surcroît, est vraiment en danger. Il suffirait d’un peu de discipline mentale, d’un peu de Conscience pleinitude, d’éveil des âmes, pour commencer à vraiment agir dans la paix et la dignité du yoga intégral, réconcilier des extrêmes…

    • alain Gourhant dit :

      oui Annie, je crois que le yoga peut contribuer à la sagesse intérieure et donc permettre de vivre plus simplement dans l’harmonie intérieure et extérieure ; cela veut dire loin de la folle tentation du consumérisme comme mode de vie qui se généralise partout pour brutaliser la belle Nature et plus généralement notre fragile planète.
      Le yoga par sa discipline exigeante et sa paisible méditation agrandissant le champ de conscience,
      est pour moi un moyen comme un autre pour tenter de limiter les dégâts,
      mais bien sûr il ne suffira pas et je me demande bien comment l’humanité va pouvoir sortir de sa folle et destructice ornière…

  3. Rosita Bianco dit :

    Bonjour Alain
    Très intéressant, merci.

    • Alain Gourhant dit :

      Merci Brigitte de ce commentaire très riche et qui propose beaucoup de voies de réflexion :

      D’abord ton apprentissage du Yoga par Nil Hahoutoff et son entourage, puis par des disciples d’Osho en Italie, cela me semble un bon mélange au sens où ces deux approches sont à mon avis aux antipodes l’une de l’autre.
      Osho qui est d’abord un maître tantrique a très bien résumé dans certains de ses livres cette opposition ou différence des deux voies, dans des formules lapidaires et éclairantes : « Vouloir est le mot clé du Yoga, s’abandonner est le mot clé du Tantra (…) Avec le Yoga c’est la difficulté qui est juste, avec le Tantra, c’est la facilité qui est juste. »
      Personnellement je ne fais pas d’opposition entre ces deux chemins, mais j’ai plutôt le sentiment qu’ils se complétent l’un l’autre dans une intégration harmonieuse qui serait plus proche d’un art de vivre propre à chacun engagé sur la voie pour réaliser le Samadhi – c’est à dire ce but lointain, conséquence d’une longue ascèse pouvant prendre plusieurs vies, et en même temps, présent, partout, à tout moment, en toute chose et prêt à faire irruption dans la Conscience/Amour de chacun à l’improviste, s’il en fait bien sûr le souhait.

      C’est le premier point de ton message,auquel je voulais répondre ; je m’arrête là pour le moment faute de temps ; les autres points j’y répondrai plus tard.

  4. Brigitte dit :

    Ma découverte du Hatha Yoga s’est produite dans l’entourage de Nil Hahoutoff qui a été mon premier professeur sérieux. J’ai suivi son enseignement pendant de longues années et me souviens encore des leçons particulières qui ont jalonné mon parcours. C’est lui qui m’a demandé de devenir professeur. Beaucoup d’autres rencontres ont enrichi ma pratique dont des disciples d’Osho dans des communes, en Italie. Aujourd’hui, c’est encore un grand plaisir de redevenir élève le temps d’un stage.

    Pour moi, la transcendance de Patanjali n’est pas indienne mais universelle : elle se rapporte à la condition humaine qui Est lin d’utiliser toutes ses capacité.

    Ce qui me surprend chez Gandhi, c’est de constater que Ahimsa, ne pas nuire jusqu’à l’ extrême bienveillance, est une notion qui me plonge dans un sens aigu de la relativité, puisque cette perfection n’est pas atteignable. Satya, la véracité, propose d’éviter toute prétention, et aurait pu participer à limiter les fanatismes, chez les adeptes de Gandhi et ses opposants. Et, chez Satyananda, les Yama et Niyama sont des moyens de se libérer l’esprit pour pouvoir pratiquer la méditation sereinement.

    Dhyan a n’est certes pas le but final mais le commencement.

    Kabir est le prolongement poétique de Patanjali, notamment dans le Cabaret de l’Amour.

    Tous ces points sont des ouvertures au dialogue : à bientôt, de vive voix !

    La Bhagavad Gita est pour moi une ouverture à l’individuation.

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