Regarde le ciel…

« Regarde le ciel… »

Cette injonction est apparue sur les murs de Paris, au mois de juin dernier,
en pleine campagne électorale,
au milieu des tags, des pubs et des affiches partisanes,
Elle m’a semblé particulièrement juste et judicieuse
comme la seule invitation valable du moment,
afin de prendre un peu de hauteur
et sortir de la gangue des ambitions politiciennes,
s’extraire du chaos des désirs trop matériels,
« se libérer du connu », comme le dirait Krishnamurti.
J »ai donc mis cette injonction en application durant l’été,
et je n’ai pas été déçu…

Le ciel de cet été

Car le ciel de cet été fut particulièrement remarquable
pour celui qui savait le regarder
– à condition bien sûr d’avoir pu sortir de la grande ville
dont la plus rédhibitoire tare est de nous cacher le ciel
derrière l’opacité de ses murs trop hauts.

Après le début juillet boudeur et ennuagé suite au solstice d’été,
ce fut bientôt une  inondation de bleu,
avec un soleil dont la lumière d’une rare délicatesse,
laissait s’échapper parfois d’étranges nuages
aux formes bizarres et fantasques,
surgis avec une rapidité mystérieuse dans l’étendue du bleu
et disparaissant de la même manière.
Il s’agissait de formes jamais vues, à la limite du formel,
des formes n’appartenant pas vraiment à ce monde,
comme si elles voulaient nous faire des signes forts
dans ce langage venu de l’Ailleurs
pour nous envoyer des messages d’une intensité particulière,
et essayer d’attirer notre attention sur quelque chose d’essentiel
qu’il nous fallait absolument voir – à défaut d’entendre.
Alors, la tentation est grande de parler  « entités » ,
et dans cette période agitée de grands chambardements,
dont personne ne peut prédire le dénouement,
sans être un expert du « channeling » à la mode,
j’ai cru entendre :

Réveillez-vous ! Il est grand temps,
il est grand temps  de sortir du confort des idées toutes faites et des certitudes passées ;
Il vous est demandé une transformation radicale dans la manière de voir et de vivre,
et pour cela, de même qu’il vous est recommandé de pratiquer le plus souvent possible la méditation
afin de porter votre regard sur le ciel intérieur,
de même il vous est demandé d’observer avec attention le ciel extérieur,
afin de recevoir les révélations nécessaires à la transformation évolutive,
dont l’humanité ne plus faire l’économie, si elle veut perdurer.

Le ciel astrologique

Une autre manière de regarder le ciel,
c’est d’emprunter la voie de l’astrologie.
une voie qui m’a toujours attiré
pour comprendre les énergies psychiques qui nous animent depuis la naissance
et participent à la construction de notre personnalité.
J’en ai même fait un outil de la psychothérapie intégrative.
En ce qui concerne l’influence actuelle des planètes qui traversent notre ciel,
je conseille le bulletin mensuel de la québécoise Danielle Clermont,
en particulier ce qu’elle dit sur la position conflictuelle du carré Pluton / Uranus

D’abord rappeler que le carré Uranus-Pluton est un aspect mondial et historique qui a (et va avoir) des effets sur l’ensemble de la planète, et pas seulement sur la société québécoise. D’une durée exceptionnellement longue, de 2011 à 2016 (en tenant compte des orbes), voici un cycle de six ans dédié à détruire les vieilles structures (Pluton en Capricorne) afin de permettre la naissance d’un nouveau monde (Uranus en Bélier).
(Bulletin de mai 2012)

Le mot d’ordre de la quadrature Uranus-Pluton est : CHANGEMENT ! La pression de ce mot d’ordre va aller en augmentant à chacune des sept dates où le carré est exact, de juin 2012 à mars 2015. Ainsi, la pression est plus forte en septembre qu’en juin, et elle augmentera encore en mai 2013, ainsi de suite… un peu comme une musique qui monte et monte en intensité pour atteindre son crescendo final. Dans ce cas-ci, le crescendo final sera le 17 mars 2015.     (Bulletin de septembre 2012)

Il serait donc venu, au milieu de cette crise majeure que traverse l’humanité,
le temps de regarder de nouveau le ciel, voire le contempler,
pour en recevoir intuitivement les messages ;
après trop de temps consacré à porter le regard vers le bas,
c’est à dire vers la matière sous le prisme réducteur de la raison,
l’intégration du ciel sous sa forme de révélation poétique,
devient une injonction majeure
capable peut-être de réveiller la sagesse assoupie.

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10 réponses à “Regarde le ciel…”

  1. François Butty dit :

    Cher ami,
    « réveiller la sagesse assoupie » pourrait nous faire croire que l’on en a, de la sagesse au fond de nous ou n’importe où ailleurs du reste, alors qu’à mon avis c’est cela qui nous manque le plus. Que pouvons-nous donc réaliser d’autre que ce que nous sommes ? Par contre nous pouvons facilement nous rendre compte, en regardant le ciel certaine fois, et de plus en plus régulièrement à mon avis, qu’on en manque vraiment, et qu’il serait urgent d’en acquérir au lieu d’attendre patiemment qu’elle émerge comme par miracle du fond de notre être.
    De voir les choses sous cet angle peut nous conduire à concrètement et rapidement mettre en place certaines choses pour en acquérir plus, de la sagesse…..avant notre fin….notre mort en tout cas!
    Le monde change! rien de nouveau. Par contre il change vite, très vite vite, de plus en plus vite. Et c’est nous qui n’arrivons plus à suivre !

    • merci François de poser ainsi la question de la sagesse, et surtout de quelle manière l’acquérir, alors que la folie humaine semble la chose la plus partagée et la crise un état permanent.
      je comprends que vous puissiez être agacé par cette conception qui consiste à porter son regard au plus profond de soi-même – ce que je nomme le ciel intérieur – de sorte que la sagesse puisse émerger comme par miracle. En fait, c’est une voie relativement partagée par bon nombre de méditants, et qui vient d’un courant de l’hindouisme et du bouddhisme : porter son regard au fond de soi de manière insistante et trouver la lumière, la vacuité, un espace infini qui contient toute chose et permet à la conscience de s’épanouir, d’où émerge la sagesse d’agir consciemment et amoureusement.
      en fait, vous avez raison, ce n’est pas si simple et je connais bon nombre de méditants empruntant cette voie qui restent scotchés à leur névrose, sans la moindre émergence de sagesse.
      Je pense personnellement que cela ne suffit pas et qu’il faut intégrer conjointement à cette pratique, la voie de la connaissance de soi-même et de ses disfonctionnements, il faut courageusement faire un travail intérieur de longue haleine, pour comprendre, connaître, apprivoiser sa propre folie, ses passions, ses pêchés, l’ombre, la bête, le ça, etc. C’est la voie proposée surtout par la culture occidentale, depuis la recherche pionnière de Freud, et empruntée par la plupart des psychothérapies. Quelquefois cela suffit pour l’obtention de la sagesse, mais la plupart du temps il manque l’intégration avec une pratique spirituelle ou transpersonnelle, c’est à dire au delà de l’ego, et encore une fois la sagesse n’est pas forcément au rendez-vous, mais au contraire un renforcement du narcissisme.
      La contemplation du ciel est encore une autre voie que je décris dans cet article : elle est intéressante car elle fait résonance avec le ciel intérieur. En fait il y a de multiples voies pour la sagesse, qu’il faut à mon sens intégrer les unes aux autres, mais le plus important reste l’intention de sagesse, l’intention d’évolution, l’intention de se bonifier, de se réaliser, et cela pour moi reste un mystère que cette intention ne soit pas plus partagée, ce qui entrtaîne une sorte de stagnation collective avec danger d’involution et de régression. Qu’en pensez-vous François ? Quelles sont les voies vers la sagesse que vous envisagez ?

  2. véronique dit :

    Merci pour ces cieux,merci pour ces pensées,elles me ramènent à moi,à mon ressenti,elles me permettent à chaque publication(attendue dans le sens positif)de faire une pause,de me recentrer,de partager(je l’envoie souvent à des amis)..
    Merci d’être qui vous êtes,Alain,à la fois thérapeute et homme,avec vos réflexions,parfois un peu pessimistes sur la nature humaine ou la société,j’avoue,votre créativité,vos partages.
    Je perçois de ce que vous montrez de vous un équilibre,une cohérence,une congruence aussi,que j’apprécie énormément,et qui,je confesse,ne se rencontre pas à tous les coins de rue,ou de ciel…
    En attendant votre prochaine publication,je vous souhaite de belles journées automnales,lumineuses dehors et dedans…

    • merci pour ces compliments, Véronique. Vous avez raison, je suis assez pessimiste sur la nature humaine, mais dans le sens où je pense qu’il faut voir, visiter, nommer la part obscure de l’âme humaine, aussi bien en soi-même que chez les autres. C’est une sorte de préalable nécessaire, loin des faux-semblants de l’optimisme à bon marché qui nous entoure, société de consommation oblige.
      L’idée c’est de devenir une sorte de pessimiste – optimiste, au delà de ces catégories, capable d’une sorte d’émerveillement grave à chaque instant.

  3. véronique dit :

    L’échange de réflexion avec François est très intéressant.Pour ma part,je « crois » que nous sommes véritablement Tous des petits bouddhas,mais nous l’avons oublié.En chacun de nous cette sagesse primordiale,de par notre nature même,mais cette dernière est « en nous »,parfois bien cachée,dans un endroit peu accessible,ou peut-être « trop » accessible.Je pense à une métaphore du sage Osho qui dit: »Vous êtes semblables à des porte-manteaux,vous y avez accroché tellement de croyances,de suppositions,que vous ne pouvez plus voir le porte-manteau en dessous »…
    Pour vivre « mieux » et ne plus souffrir,il faut s’impliquer,s’impliquer envers soi-même,c’est un engagement total que de mieux se connaître,se rencontrer soi-même,afin de s’habiter vraiment,et alors,alors seulement pouvoir approcher l’Autre et le rencontrer,sans transférer nos attentes,déceptions,frustrations « sur » lui,afin d’entrer dans une Relation vraie,dans laquelle,comme le dit Salomé,il y a deux extrémités,comme à une corde,et chacun en est responsable pour moitié.Très peu de personnes font véritablement attention à l’Autre,pour Ce qu’il est,pour son Essence,ses différences,qui ne sont pas un empêchement à la rencontre mais un enrichissement,si l’on essaie de ne pas juger(ni se juger et se jauger soi-même)mais juste d’accueillir les « possibles » qui,si nous restons ouverts,surgiront naturellement,simplement parce que la Vie est telle,allant toujours de l’avant et se renouvellant sans cesse.
    Chacun de nous a un disque dur différent,et chacun de nous doit errer afin de trouver le code d’accès,qui lui est propre et ne peut être universel.Aucun remède miracle,thérapie clé en main,lecture magique ne peuvent « prétendre » cela.
    Quant aux névroses des méditants,cela me fait penser à un livre de Jack Kornfield que j’ai beaucoup aimé: »Après l’extase,la lessive ».Il y est justement question du retour dans le monde de méditants s’étant retirés;ils confient leur difficultés à affronter le quotidien,et parfois aussi leur stupeur de voir leur égo rejaillir/réagir alors qu’ils pensaient l’avoir dompté..
    « Nos paysages intérieurs »,de Sylvie Tennenbaum est aussi un très bel ouvrage,elle nous guide vers le dedans de nous,vers nos croyances,en nous guidant,à l’aide de questionnaires, à en découvrir l’origine bien enfouie,afin de nous en faire prendre conscience,et nous aider à laisser celles qui ne nous aident pas/plus à mieux vivre,parce que devenues obsolètes.Pour ce faire il est évidemment indispensable de ne pas/plus vouloir se cramponner à ce que nous étions,pour nous permettre d’aller vers ce que nous devenons.
    Je serais plutôt une optimiste-réaliste,et choisis donc de multiplier le positif,sans être idéaliste,mais en ne focalisant presque que sur Ce qui agrandit,afin de le faire croître en le partageant;toutefois en écrivant je pense à ce partage ici et maintenant,et me dit que c’est déjà très rare…mais peu importe,Cela Est,et le reste n’est que prétexte.
    Merci de m’avoir permis ce partage,une sorte d’oasis en plein désert(là,je vous ressemble un peu…:)).

    • Il y a tant de livres et tant de mots écrits sur la sagesse, et pourtant elle est si rare, comme inversement proportionnelle à toutes les pensées, croyances idées multiples qui y font référence.
      Cela me fait penser au mythe de Noé dans la bible, raconté par Claudio Naranjo. En plein déluge, Noé se lamente en implorant Dieu. Celui-ci commence alors par lui dire « Tais-toi et écoute silencieusement ». Il aurait pu dire aussi « lève les yeux et regarde le ciel ».
      Et c’est en suivant ce conseil, que Noé entendit enfin : « Fais toi une Arche de bois résineux, etc… »

      • Tout cela pour dire que la sagesse me semble provenir d’un double mouvement. D’une part, un travail sur soi-même en profondeur pour comprendre et apprivoiser la folie qui existe en chacun, au fond de son inconscient – c’est le travail psychothérapeutique de préférence au moyen des thérapies psychodynamiques -, d’autre part, un silence méditatif et contemplatif afin de recevoir les intuitions venant du monde transpersonnel, l’Autre Monde, le monde invisible. Ce double mouvement est le coeur de la psychothérapie intégrative telle que je la conçois.

  4. véronique dit :

    A ma façon je dirais:Ceci Et Cela;pas d’exclusion,de dualité,mental ou spirituel.

    La pleine conscience n’advient que si le mental est serein,si on le laisse être,en l’observant comme on observe les nuages dans le ciel..par définition impermanent;et Ceci n’est envisageable que si on se détache de ce que nous croyons,ce à quoi nous nous identifions,en étant observateur de ce qui nous agite et qui vient de l’extérieur.

    Nous sommes reliés à la terre,notre enracinement s’y trouve,et nous sommes reliés au ciel,au divin,à notre Essence,à ce à quoi elle aspire pour s’élever.Entre les deux,nous sommes le passage,le lien de réalisation de Ceci et Cela.

  5. François Butty dit :

    sans exclure quoi que ce soit, dans notre bonne langue française quand nous disons « dans mon esprit ou ma tournure d’esprit etc souvent sans nous en rendre compte, nous parlons de ce qui se passe dans notre tête, dans notre mental. Le mental n’est-il pas qu’une infime partie de notre esprit, et que dire du grand esprit des peaux rouges ou de certains africains ?
    Dans la lune ou dans les nuages nous sommes plutôt dans la poésie, sur orbite peut-être, mais encore plus loin sans doute…

    • oui, c’est ça : la poésie comme voie privilégiée d’accès à l’Esprit, mais pas n’importe quelle poésie : une sorte de « Transpoésie » comme l’appelle Michel Camus, et pour cela il faut que le filtre qui nous embourbe dans un monde prosaïque, ait été nettoyé.